Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 07:00

« La cannibalisation suicidaire d’un fleuve moribond », c’est le titre – un peu pompeux sans doute mais réaliste - que je donnerais s’il me fallait résumer le reportage consternant  diffusé jeudi  9 octobre 2014 par « envoyé spécial ».


Le fleuve coule en Indonésie. Son nom m’a échappé … mais je suis tenté  de le surnommer « démocratie ». Il jaillit du tréfonds de la terre en bouillonnant mais peu à peu ses gros flocons sableux s’apaisent, le sable se dépose et l’eau purifiée s’étale limpide et transparente. Un homme, simple mais dévoué, veille sur la source, prie chaque matin, sans qu’on sache s’il s’agit d’actions de grâce ou d’imploration. 20101027-Indonesia-5447Quoiqu’il en soit le flot lui échappe, il fuit de l’enclos sacré et se répand librement dans l’espace pour le bonheur de ses riverains. Les enfants y jouent et apprennent à nager, les femmes y recueillent l’eau pour la cuisine et la toilette familiales, elles y font la causette, les hommes pêchent la nourriture, la campagne verdoie, tout paraît illustrer le bonheur simple et naturel et préfacer l’éternité.

 

Quelques kilomètres en aval, le fleuve agonise sous les mauvais traitements que lui ont infligés certains riverains et tous les autres en voient leurs existences chamboulées.  La surface du fleuve se teinte peu à peu, écume ici ou là pour baliser quelque égout  de la vie dite civilisée, l’eau s’épaissit, fonce, empeste et finalement charrie un épouvantable tapis flottant de déchets, d’ordures, d’immondices, de pourritures, de rats et de poisons.


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Le fleuve se meurt, intoxiqué par les rejets de puissants et d'irresponsables, et tous ceux, hommes, animaux, végétaux, qui vivaient du fleuve ou près de lui en souffrent, en meurent ou s’y adaptent. Les comportements de chacun sont bouleversés. Les corps sont atteints par les diverses pollutions du milieu, la vie sociale également. Symbole fort de cette mutation régressive : le pêcheur ne jette plus ses filets, ne lance plus ses lignes, il ne vit plus du poisson, sa barque louvoie désormais dans l’épaisse nappe de détritus et l’homme ramasse à mains nues les tessons de plastique ou autres déchets récupérables, on dit recyclables pour une deuxième vie.


Les humbles riverains du fleuve stérilisé par les riverains puissants ou irresponsables se bricolent ainsi une nouvelle existence, de récupération et de survie. Ils supportent ce qui semble inévitable, ils prennent la vie au jour le jour, explique le journaliste. C’est dire qu’ils tentent de s’accommoder de cette fatalité faute de pouvoir la combattre ou s’en préserver. Les femmes taillent aux ciseaux des rondelles de plastique ou sélectionnent les bouchons ; 16les hommes en garnissent des sacs volumineux qu’ils vont échanger contre quelques centimes d’euro le kilo et les enfants croient que tous les fleuves du monde sont bruns en profondeur et bariolés en surface. Tous se résignent en s’adaptant à la pollution, ils la côtoient, ils l’exploitent, ils croient en survivre et ils en meurent insidieusement.

 

Les reporters observent que la pollution génère une économie nouvelle, remodèle la société et les existences de ceux qui y survivent. Ils n’osent pas dire que les plus roublards, ou les plus malhonnêtes, parviendront même à en prospérer.

  

Mais pour conclure sur une note d’optimisme,GP02DX1

 ils estiment que l’énormité des dégâts 

 tend à susciter un réflexe, sinon un remords, 

  prometteur

                    ...  de promesses d’assainissement.

 

 

 

Voilà pourquoi on peut surnommer ce fleuve « démocratie »  

 

 


Par pugnace
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Dimanche 19 octobre 2014 7 19 /10 /Oct /2014 07:00

 

 

 

 

 

zzzzz 022  

  - 25 décisions d'adjoints n'ayant pas 

     la bonne délégation (article du 12 octobre)

 

  •   - 18 décisions du maire rétroactives
  •       (article du 14 octobre)

  •   - 1 délibération du conseil entachée de
  •     conflit d'intérêt (article du 16 octobre)

  

 

 

... est-ce une fatalité locale ?

 

  • que le maire et les adjoints commettent autant d'erreurs et de fautes ... par négligence, par incompétence, manque de rigueur et d'intérêt pour la chose publique, qu'ils n'aient pas appris en 5 ans (ni cherché à apprendre) à bien gérer, qu'ils aient délibérément décidé de se moquer de la loi et des procédures, qu'ils n'écoutent aucune mise en garde et se croient investis d'un pouvoir souverain les autorisant à faire ce qu'ils veulent, comme ils veulent et quand ils le veulent sans aucun scrupule avant de faire leurs sottises, ni aucun remords après ... est-ce le fait de l'homo politicus ? est-ce parce que l'électeur n'envoie au pouvoir que des ambitieux, pressés d'en jouir et insoucieux du reste ou parce que l'élu est (ici) irréversiblement aspiré dans la dérive hélicoïdale du n'importe-quoi-n'importe-comment-car-telle-est-ma-volonté?


  • que les conseillers municipaux de base, qui ont fait l'appoint pour arriver à 33 colistiers, qui font de la présence et qui font silence pour feindre d'exister anonymement dans la majorité, ne sachent pas, ne veuillent pas savoir, n'aient pas le courage de chercher à savoir et à avoir une opinion personnelle ... est-ce le fait inévitable des soumis qui aspirent simplement à participer, à prendre rang, à avoir quelque image publique (au détriment de leur personnalité et de leur pensée) et quelque faveur de temps en temps ? est-ce le lot des homo politicus de coulisse qui se croient en réserve et rêvent des premiers rôles ?

 

Peut-être ... peut-être faut-il se résigner à la dégénérescence de la politique qui ruine la France, ce qui n'interdit pas de s'indigner quotidiennement et de combattre ce coupable et périlleux laisser-aller des "décideurs"  ..

 

 

MAIS, à côté des décideurs il y a les administrateurs, ceux qui sont censés savoir, qui ont été formés (en principe) à la gestion, qui ont été sélectionnés (en principe) en fonction de leurs compétences, qui sont payés correctement (ça c'est sûr) pour instruire les dossiers, préparer (correctement) les décisions selon les choix politiques des élus mais dans le cadre des lois et des réglements de la République dont ils sont à leur niveau les organisateurs et les régulateurs.


Alors quand on voit ce bilan calamiteux sur une si courte période, on doit s'interroger.


Y a-t-il à Saint-Cyprien des administrateurs qualifiés et responsables qui veillent à mettre en ordre, en forme, en conformité les actes des élus? Y a-t-il un directeur général des services et un directeur général adjoint, nommés sur des emplois fonctionnels surindiciés (par référence à une population de plus de 40 000 habitants) et avec des primes de rendement coquettes? Y a-t-il des cadres A qualifiés et responsables (3 attachés principaux, 6 attachés, 2 ingénieurs) qui connaissent leur métier et qui ont à coeur d'aider et de conseiller leurs élus, conformément au savoir-faire qu'ils détiennent et à la déontolgie de service public dont ils sont porteurs?

 

 Existent-ils encore ? Sont-ils donc tétanisés, terrorisés par le despotisme municipal qui prive tous les cadres de toute autonomie, de toute fidélité à leur mission, de tout sens des responsabilités?

 

N'y a-t-il en cet hôtel de ville que des subalternes soumis ayant renoncé à honorer leur fonction, leur grade, leur responsabilité, leur traitement? Ou que des déprimés qui attendent la retraite et se consolent comme ils peuvent ? Cette tendance à fermer les yeux pour ne pas voir ou pour dormir évoque la « servitude volontaire » que décrivait La Boétie au XVIe siècle.

 

Il advient même qu'au delà de la passivité et de la soumission à l'autoritarisme du maître la servitude volontaire dégénère pour certains en servitude activiste et indigde leur charge. Exemple récent de manquement indigne et très significatif de la déliquescence politique locale : quand, au mépris de la loi donc de son devoir, un fonctionnaire en position de (petite) responsabilité refuse obstinément de donner communication du registre des délibérations à un conseiller municipal ...  

Saint-Cyprien 2014 : la caporalisation de la démocratie induit la dégradation de la fonction publique et, la boucle est bouclée, la défection des fonctionnaires fortifie l'autocratie


Par pugnace
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Vendredi 17 octobre 2014 5 17 /10 /Oct /2014 07:00

 

    ... récapitulons:


zzzzz 022  

  - 25 décisions d'adjoints n'ayant pas 

     la bonne délégation (article du 12 octobre)

 

  •   - 18 décisions du maire rétroactives
  •       (article du 14 octobre)

  •   - 1 délibération du conseil entachée de
  •     conflit d'intérêt (article du 16 octobre)

 

 

soit 44 actes de la commune irréguliers ... sur une très courte période

 

 

 


Par pugnace
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Jeudi 16 octobre 2014 4 16 /10 /Oct /2014 07:00

 

 

Toujours dans la même circulaire sur le contrôle de légalité la préfecture dans la liste des principales "anomalies relevées en 2013" cite en page 5 :

 

b) le risque de conflit d'intérêt en rappelant que selon l'article L. 2131-11 du CGCT "sont illégales les délibérations auxquelles ont pris part un ou plusieurs membres du conseil intéressés à l'affaire qui en fait l'objet, soit en leur nom personnel, soit comme mandataire"

 

Le 8 septembre 2014 M. Del Poso a demandé au conseil le bénéfice de la protection fonctionnelle et a refusé de quitter la séance quand d'abord Jean-Claude Montès puis Jean Jouandet le lui ont demandé.

 

Il a présidé  (c'est-à-dire verrouillé) les débats juqu'au moment du vote (c'est-à-dire du silence passif de sa majorité). Il avait à l'évidence un double intérêt personnel: moral (le soutien politique des siens) et financier (la prise en charge des frais de justice).

 

 

Plus qu'anomalie, en droit administratif c'est un conflit d'intérêt, en droit pénal une prise illégale d'intérêt.

 

 

 

 


Par pugnace
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Mardi 14 octobre 2014 2 14 /10 /Oct /2014 12:00

La préfecture dans une circulaire aux maires du 22 octobre 2013 a publié sa synthèse annuelle des observations sur le contrôle de légalité afin, écrit-elle, de présenter "les principales anomalies relevées lors de l'exercice du contrôle de légalité".

 

A titre liminaire, pour ne pas dire primordial, elle attire l'attention des maires "sur le principe de non-rétroactivité des actes administratifs qui contitue l'un des principes généraux du droit dégagés par le Conseil d'Etat".

 

 

Or l'examen des décisions du maire de Saint-Cyprien est édifiant sur ce point si l'on examine par exemple la série des arrêtés du 2ème trimestre 2014 qui portent sur l'autorisation d’occuper une dépendance du domaine public communal (qui donne à divers commerces le droit d’installer des étals et des terrasses sur les trottois et les places). Tous les arrêtés sont rétroactifs : ils accordent l'autorisation du 1er janvier au 31 décembre alors qu'ils ont été signés entre le 9 avril et le 27 juin. Sur 19 décisions, une seule est un refus, les 18 autres ont accordé l'autorisation de façon rétroactive. Et de façon d'autant plus rétroactive que les décisions sont restées secrètes. Sans doute les arrêtés ont-ils été affichés de façon plus ou moins lisible aux portes de la mairie mais le recueil des actes administratifs qui devrait paraître au moins une fois par trimestre vient à peine d'être édité pour le 2ème trimestre et il n'est toujours pas affiché sur le site internet de la ville. 

 

Autant dire que la  rétroactivité des autorisations s’aggrave par cette dissimulation car celle-ci tend à ajouter ainsi une fâcheuse suspicion à leur irrégularité intrinsèque. A la fois rétroactives et dissimulées, ces décisions risquent d'apparaître, à certains professionnels moins bien traités ou à certains observateurs locaux, plus ou moins suspectes de débordement de la part du bénéficiaire et/ou de « subjectivité » de la part du décideur, c'est-à-dire la mairie.

 

 

Car on peut noter qu'à une exception près c'est dans tous les cas le maire lui-même qui a signé la décision … alors que, on l'a vu dans l'article précédent, la plupart des autres décisions ont été prises par délégation. On notera aussi que ces décisions du maire sont datées entre le 9 et le 23 avril puis entre le 20 et le 29 juin : le mois de mai est sur ce plan "confidentiellement" vide.

 

Il va donc falloir demander ausi à la préfecture si cette anomalie de la rétroactivité, signalée aux maires en 2013, reste tolérable en 2014 et à Saint-Cyprien

 

Par pugnace
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de PUGNACE à MOSAÏQUE

Pour  Une  Gouvernance  Nouvelle

et une Action Communale Energique

Les élus de la liste MOSAÏQUE poursuivent ici l'information, la réflexion et l'action citoyennes menées depuis 2009 pour restaurer à Saint-Cyprien une gestion démocratique et efficace.

 

Le mairisme

Toujours d'actualité (hélas !) le livre "le mairisme ou la démocratie en trompe-l'oeil " est en vente à Saint-Cyprien. Cf. sa présentation à la radio RCF Hérault : http://www.dailymotion.com/video/x1rsdte_saint-cyprien-ou-la-logique-du-bon-sens_news

 

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