Ce dimanche, Thierry Del Poso, le maire sortant de Saint-Cyprien, a été réélu dès le premier tour. Dans un élan de triomphe, il a partagé sur les réseaux sociaux son portrait, agrémenté d’un sobre « MERCI » en lettres capitales.
« MERCI » à qui ? À ses électeurs, bien sûr. Mais ce faisant, le maire, censé incarner l’ensemble de ses concitoyens, oublie déjà ceux qui n’ont pas voté pour lui. Et pourtant, ceux-ci représentent une majorité écrasante, comme le confirment les chiffres. Thierry Del Poso a été élu avec le soutien de seulement 30,7 % des inscrits, laissant 69,3 % des électeurs de Saint-Cyprien sur le carreau : que ce soit par l’abstention, le vote blanc ou nul, ou en faveur de ses adversaires.
Une fois l’élection validée, l’absurdité du système lui confère une majorité écrasante grâce à une prime majoritaire démesurée. Les chiffres sont implacables :
- Avec 3 497 voix (53,27 % SE), la majorité municipale de Thierry Del Poso s’arroge 26 sièges.
- Avec 2 055 voix (31,30 % SE), la liste de Marie-Claude Padros Ducassy ne récolte que 5 sièges.
- Avec 1 013 voix (15,43 % SE), la liste d’Ange Garcia ne s’octroie que 2 sièges.
Si l’on additionne les voix des deux listes adverses, l’opposition, avec un total de 3 068 voix, ne dispose que de 7 sièges, ce qui la rend structurellement incapable d’exercer un rôle significatif de contre-pouvoir.
Le maire, qui dirige l’exécutif, fixe l’ordre du jour et préside l’Assemblée municipale censée le contrôler, détient en réalité un pouvoir quasi absolu sur la ville ! Thierry Del Poso ne se présente pas comme un parangon de vertu, et son passé illustre la violence dont il est capable face à des contradicteurs pugnaces.
Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que son mépris pour l’exemplarité que l’on attend d’un élu de la République est partagé par bon nombre de ses colistiers, dont certains, enseignants de profession, devraient pourtant incarner des valeurs éducatives.
Le 9 avril prochain, Thierry Del Poso sera jugé pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique » à l’encontre de Jean Jouandet, commises en juillet 2016. Certains estiment déjà que les électeurs ont tranché en le réélisant le 15 mars. À ceux-là, je réponds fermement : le vote ne saurait se substituer à la justice.
IJ
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