Trois phrases suffiraient pour analyser ce compte présenté au conseil municipal du 25 juin 2012 et dont en fait il n’y a rien à dire :
1. ce compte ne sert plus à rien car il arrive trop tard
2. ce compte confirme tout ce qui a été dit lors du vote du budget.
3. à quoi bon en discuter avec les décideurs : ils n’écoutent rien et n’en font qu’à leur guise.
Cependant par respect pour les contribuables, soulignons 5 points importants :
A/ Sur le bon usage du compte administratif et la désinvolture avec laquelle on instruit ici les procédures budgétaires. Le compte administratif est un compte de résultats. Alors que le budget est un document de prévisions (en principe réfléchies et argumentées), le compte administratif est la traduction réelle d’un an d’activité. Il permet de vérifier la cohérence de la prévision budgétaire et l’efficacité de la gestion. Il permet de juger de l’opportunité des dépenses en fonction des recettes, il éclaire sur le choix des stratégies (politique et budgétaire) suivies dans l’intérêt de la ville.
Comment est organisé ce compte administratif ? Comme le budget en deux parties :
- Le fonctionnement en recettes et en dépenses : cela concerne tous les besoins pour «fonctionner» comme dans un foyer : électricité, assurance, réparations courantes, intérêts des emprunts, bref les besoins quotidiens, etc.. ce qui est différent d’un foyer, ce sont les charges de personnel et les subventions.
- L’investissement en recettes et en dépenses : cela correspond aux travaux faits pour améliorer la qualité de la ville et les services rendus à la population.
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La confrontation du compte au budget prévisionnel est donc utile pour préparer le budget suivant et corriger ce qui doit l’être ou ce que l’on veut … si on le peut. Mais quand on adopte le compte fin juin, 4 mois après le vote du budget, ce bilan d’exécution n’est plus un indicateur utile. Ce calendrier est révélateur de l’absence de politique financière : contre toute cohérence et toute efficacité le vote du budget a été avancé de 2 mois et celui du compte retardé de 2 mois par rapport aux années passées. Le budget est dressé en aveugle sans tenir compte des résultats, en déconnectant les choix politiques de la réalité financière. La suppression de la commission des finances va dans le même sens : le maire prépare le budget « souverainement » en chiffrant a priori les dépenses qu’il veut faire, les recettes nécessaires étant prises sur le patrimoine immobilier. On dépense toujours plus en s’appauvrissant chaque année davantage.
B/ Au niveau des grands équilibres de fonctionnement et des évolutions quelques chiffres globaux sont parlants si l’on compare les résultats de 2009 et de 2011.
En deux ans de gestion Del Poso :
- les dépenses réelles de fonctionnement ont augmenté de + 3 616 563 soit + 21 %
- les recettes réelles correspondantes … seulement de + 1 260 564 soit + 6 %
Le fonctionnement a créé un déficit de 2,4 millions € Ce besoin a été couvert au début par les économies de 2009 puis par les ventes immobilières de 2010/2011 : la cagnotte du Procureur puis le cash de Serge Ambroise. La municipalité J.B. faisait de la cavalerie en amortissant la dette ancienne par de nouveaux emprunts. Avec celle-ci c’est la braderie du patrimoine pour payer le fonctionnement.
Circonstance aggravante : la progression des recettes (faible + 6 %) tient à l’augmentation du produit des taxes et impôts (qui est de 1 866 614 soit de + 14%) , les autres produits de fonctionnement ont baissé. Les droits de mutation ont rapporté plus que prévu, c’est une chance, mais ce sont surtout les contributions directes qui ont augmenté (de 670 000 € en 2 ans) : nous avions proposé de faire bénéficier les contribuables de ce montant qui tient à la progression naturelle de l’assiette fiscale. La municipalité l’a confisqué pour financer notamment le gonflement des effectifs.
C/ « les restes à réaliser » ou l’incurie de gestion qui éclate dans le budget d’équipement. Comme souligné lors du vote du budget 2012, le budget d’investissement est démesuré. Il excède les capacités financières puisqu’il pompe sur le patrimoine d’hier. Et il excède les capacités techniques et administratives de la ville puisque, pour la 2ème fois en 2 ans, elle se révèle incapable de réaliser ce qu’elle promet de faire. Le taux d’exécution est pitoyable : sur 8,364 millions on a réalisé et payé 2,700, on reporte 3,625 et on annule 2 millions. On fait le 1/3 de ce qui est prévu et financé ! Et ainsi on immobilise l’argent encaissé depuis un an (vente du camping) pour annoncer des travaux que l’on est incapable de réaliser. Cet argent aurait pu être restitué aux contribuables d’aujourd’hui (en baissant au moins un peu les impôts) ou aux contribuables de demain (en désendettant), cet argent reste dans les caisses du Trésor public sans rien rapporter à la commune alors que celle-ci est toujours plombée par sa dette et sa fiscalité : merci M. l’adjoint aux finances !
D/ Quelques postes et ratios qui illustrent la situation communale
- Globalement les dépenses réelles de fonctionnement sont à Saint-Cyprien de 1940 € par habitant (contre 1337 en moyenne nationale) ; elles étaient de 1636 € en 2009 (et 1057 en moyenne nationale) : on est à un très haut niveau et au lieu de réduire l’écart, on le maintient
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Les dépenses de personnel ont gonflé comme déjà signalé lors du vote du budget :
* En coût de 13,5 % en 2 ans : 8,140 au CA 2009 à 9,239 millions au CA 2011
* En effectifs de 20 % (de 281 à 337 postes budgétaires)
Les charges à caractère général sont passées de 3,4 millions (2009) à 3,720 (2011) soit une augmentation de 9% : les ménages ont-ils pu augmenter aussi facilement leurs propres dépenses ?
- Autre ratio important qui mesure le niveau d’imposition des ménages, le coefficient de mobilisation du potentiel fiscal: il est de 111 ici et de 87 en moyenne nationale soit un différentiel de 24 % à nos dépens.
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- Le ratio dette/ population est encore de 4144 (contre 1467 en moyenne nationale) soit supérieur de 186 % au niveau de la strate démographique. L’encours de la dette a naturellement baissé surtout grâce à l’amortissement naturel (6,5 millions) et un peu par un remboursement anticipé de 1,5 million sur la vente d’Al Fourty.
E/ Enfin paradoxe UBUESQUE qui marque cette gestion aberrante depuis 2 ans :
- L’inscription en recettes d’investissement de 10 175 000 € au titre de produits de cession immobilière inscrite au BP 2011 disparaît au compte administratif. Cette même inscription étant reprise au budget primitif de 2012 : il s’agit en grande partie de la vente décidée en 2010 du camping !
- Le compte 2011 enregistre un excédent de recettes de 5 677 930 € soit 10 % du budget ! il faut le faire et il faut oser l’afficher et sans doute s’en flatter : avoir un compte en excédent de 10 % dans une commune dont l’endettement est près du triple de celui de la moyenne, c’est un exploit d’inefficacité.
C O N C L U S I O N
Point n’est besoin de passer en revue de détail tous les postes budgétaires, les choses sont claires : la constance est la seule caractéristique de la gestion budgétaire locale, mais hélas ! c’est une constance mal inspirée et mal orientée: aucune planification ni prospective, inflation continue des coûts, gonflement des effectifs, pilotage au doigt mouillé et au final une survie financière par liquidation de l’immobilier.
Pendant ce temps là station fait de la gonflette, en dépenses d’animation, feux d’artifice, parade aériennes, concerts et amusettes pour touristes mais les résultats sont cruels : on est à la baisse. Le remplissage en pleine saison, juillet et août, baisse par rapport à 2010. Le produit de la taxe de séjour aussi, la location tirée des campings aussi.
L’augmentation des effectifs en mairie et à l’EPIC a-t-elle amélioré la qualité de vie des habitants de Saint-Cyprien ?
Notre père Ubu local pratique la méthode Cornegidouille « cornegidouille ! nous n’aurons point tout démoli si nous ne démolissons même les ruines. »

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