Ce samedi les maires du département sont conviés au palais des rois de Majorque aux "rencontres départementales de la démocratie territoriale". Cette rencontre est initiée par M. Christian Bourquin sénateur et Président du Conseil régional. Rappelons en passant qu'il lui faudra prochainement choisir entre ces deux fonctions s'il veut respecter les engagements de son parti en matière de non-cumul des mandats à moins qu'il ne préfère encore une fois se faire exclure du PS, à moins que celui-ci ne renie, encore une fois, ses engagements de campagne. Rappelons aussi que les lois sur la décentralisation ont clairement affirmé qu'aucune collectivité territoriale, fut-ce la région, n'a de compétence de tutelle sur les autres, fut-ce les petites communes, et rappelons encore en passant que cet ex-président du conseil général a des démélés judiciaires récurrents pour favoritisme dans un marché public. On peut donc s'interroger sur le point de savoir ce que les maires du département et notamment celui de Saint-Cyprien ont à apprendre de cette rencontre pour "approfondir la démocratie territoriale". Nous suggérons en revanche une réflexion sur 3 axes.
- « Une démocratie à reconstruire »
C’est « Le monde diplomatique » de septembre 2012 qui l’annonce :
« du 5 au 11 octobre, Strasbourg — où siègent de nombreuses organisations européennes — accueille le premier Forum mondial de la démocratie. Partenaire de la manifestation, le Conseil de l’Europe, contrairement à l’Union européenne, se consacre entièrement aux libertés et aux droits humains. En ce début de XXIe siècle, si la démocratie demeure un idéal mobilisateur - pour les opposants chinois, les peuples arabes… - elle appelle de vigoureuses réformes pour relever le défi des inégalités sociales et de la crise de la représentation politique. En particulier, le décalage croissant entre les « élites » et les populations — de plus en plus ressenti dans l’Union européenne — incite à imaginer un nouveau rôle pour le citoyen et d’autres rapports entre élus et électeurs. "
- Une démocratie ardente et fière
C’est PERICLES qui la décrit ainsi (à Athènes au V ème siècle avant J.C.) :
"Notre constitution politique n'a rien à envier aux lois qui régissent nos voisins ; loin d'imiter les autres, nous donnons l'exemple à suivre. Du fait que l'État, chez nous, est administré dans l'intérêt de la masse et non d'une minorité, notre régime a pris le nom de démocratie. En ce qui concerne les différends particuliers, l'égalité est assurée à tous par les lois ; mais en ce qui concerne la participation à la vie publique, chacun obtient la considération en raison de son mérite, et la classe à laquelle il appartient importe moins que sa valeur personnelle ; enfin nul n'est gêné par la pauvreté et par l'obscurité de sa condition sociale, s'il peut rendre des services à la cité. La liberté est notre règle dans le gouvernement de la république et dans nos relations quotidiennes la suspicion n'a aucune place ; nous ne nous irritons pas contre le voisin, s'il agit à sa tête ; enfin nous n'usons pas de ces humiliations qui, pour n'entraîner aucune perte matérielle, n'en sont pas moins douloureuses par le spectacle qu'elles donnent. La contrainte n'intervient pas dans nos relations particulières ; une crainte salutaire nous retient de transgresser les lois de la république ; nous obéissons toujours aux magistrats et aux lois et, parmi celles-ci, surtout à celles qui assurent la défense des opprimés et qui, tout en n'étant pas codifiées, impriment à celui qui les viole un mépris universel. »
C’était il y a 2500 ans à Athènes bien avant que la démocratie hellène soit placée sous la tutelle des gauleiters (ainsi que les grecs ont surnommé les commissaires de la troïka européenne chargés de surveiller la remise en ordre de l’Etat) et que la démocratie cyprianaise soit mise aussi en pénitence.
- Une démocratie en pénitence
C’est Thierry Del Poso qui l’a décidé à Saint-Cyprien en l’an 2011 de notre ère et 53 de la Vème République : « jusqu’en 2014, la démocratie c’est moi »
Ignorant Périclès il donne raison à Thucydide : « Sous le nom de démocratie, c'est en fait le premier citoyen qui gouverne »
Le même Thucydide écrivait : "Il est dans la nature de l'homme d'opprimer ceux qui cèdent et de respecter ceux qui résistent."
Et qui en déduisait naturellement cette mise en garde aux citoyens qui cèdent : « Il faut choisir: se reposer ou être libre" ...
il faut choisir ...

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