Le dernier tableau des effectifs date du 8 février 2012. Il portait sur 294 postes. Celui qui est soumis au prochain conseil (le 30 mai 2012) prévoit 306 postes (+ 12 emplois) soit une majoration de 4 % des effectifs en 3 mois. Bien entendu aucun chiffrage n'accompagne ces créations d'emploi, mais à quelques centaines d'euros près on peut estimer que le surcoût progresse parallèlement de 4%. Cela dans une commune dont chacun connaît la situation financière, dont le maire prétend faire une gestion maîtrisée et dans une conjoncture qui devrait inciter à la sobriété. Non! à Saint-Cyprien on continue, on crée des emplois, on alourdit les charges et on en est fier.
Le rapport présenté au conseil municipal est cependant en progrès. En progrès littéraire s'entend car inquiétés par les recours antérieurs contre les précédents tableaux d'effectifs (recours qui vont très bientôt se conclure en jugements du TA), les services veillent désormais à donner des explications, brèves mais plus ou moins motivées, sur les créations d'emploi. C'est un petit progrès. Progrès de forme car cet effort reste très maladroit voire ridicule. L'effort de rédaction n'enrichit pas la compréhension, bien au contraire.
C'est ainsi que la 1ère création de poste est annoncée pour "pourvoir l'emploi fonctionnel de Directeur général des services" c'est-à-dire le successeur de M. MONTOR. La formulation a de quoi surprendre puisqu'elle assimile deux actes distincts: 1°/ la création de l'emploi 2°/ le recrutement de son titulaire. On se demande pourquoi il faut créer un poste puisque celui-ci existe déjà dans l'actuel tableau des effectifs et qu'il est même occupé. Il suffit de libérer le poste existant, d'une façon ou d'une autre, et de recruter un nouveau DGS sur le poste ancien ... et pour faire cela on n'a pas besoin de l'assistance d'un cabinet conseil.
Pire on se demande pourquoi au prétexte de "pourvoir à moyen terme l'emploi de DGS" on ouvre 3 postes (1 administrateur hors classe, 1 administrateur, 1 directeur) alors qu'il en existe déjà 2 dans le tableau du 8 février (l'administrateur hors classe et le directeur). Si on tente de comprendre on a l'impression qu'on crée ainsi subrepticement le poste d'administrateur territorial (qui est celui occupé en fait par le DGA actuel, M. Ramond, et qui n'est pas dans le tableau de février) en prétendant créer celui du DGS à recruter ... A moins que jusqu'à maintenant on ait rémunéré le DGA sur le poste du DGS et qu'aujourd'hui on le remette à son niveau normal c'est-à-dire qu'on le rétrograde en fait. Décidément même quand elle tente (ou fait semblant) de s'expliquer cette mairie a bien du mal à clarifier et à justifier ses décisions, pire elle crée le doute. On se demande comment le comptable public s'y retrouve et paye sans difficulté un DGA sans poste.
La deuxième observation intéressante se trouve dans la justification donnée pour la création d'un poste d'attaché territorial: il s'agit, c'est écrit dans le rapport, d' "assurer le fonctionnement du service des marchés publics dans les meilleures conditions de respect de la législation". Que faut-il en déduire? Que jusqu'à ce jour le respect de la législation dans les marchés publics n'était pas assuré ? que les autres emplois créés (notamment celui de DGS) n'ont pas aussi pour priorité de respecter la législation? Que Thierry Del Poso, maire depuis 32 mois, découvre enfin que la législation existe, qu'une commune doit faire effort de la respecter à peine d'être sanctionnée par les terroristes judiciaires? que pour mettre fin aux négligences qui provoquent des erreurs, aux erreurs dont la répétition dégénère en fautes, il faut gonfler les effectifs ?
Enfin, preuve qu'à Saint-Cyprien il suffit de dire que tout va bien pour qu'il est soit ainsi, l'article 4 de la décision est d'une insolence extrême: il dit de façon catégorique "les crédits nécessaires à la rémunération et aux charges sociales correspondant aux emplois créés sont inscrits au budget de l'exercice en cours " ! Ces crédits ne sont pas estimés et a fortiori votés. En février la même assurance était donnée avec la même incapacité à chiffrer le coût réel des créations d'emploi. Donc si l'on en croyait les rapports de la mairie : aujourd'hui en mai 2012 avec 4 % d'emplois en plus on a, avec les mêmes crédits qu'en février, les moyens budgétaires de supporter ces surcoûts ! Miracle des communes sur-endettées où les chiffres n'ont plus d'importance quand ils deviennent trop importants.
L'inflation au fil des mois semble cependant significative si l'on en juge d'après les évolutions d'effectifs pourvus (donc payés) telles que déclarées par la mairie (dans ses rapports au conseil). Pour simplifier retenons simplement les deux filières d'emplois les plus importantes, la filière administrative et la filière technique. Les chiffres sont donnés dans trois délibérations successives : du 8 février sur le tableau des effectifs, du 20 février sur le budget (dans les annexes du budget : emplois à la date du 1/1/2012) et l'actuelle du 30 mai 2012. Voici le tableau de ces évolutions
| pourvus au | pourvus au | pourvus au | Créés le | |
| Filière d'emplois
| 1/01/12 | 8/02/12 | 30/05/12 | 30/05/12 |
| emplois administratifs | 60 | 62 | 65 | 69 |
| filière technique | 146 | 150 | 153 | 161 |
On le voit l'effort pour respecter la législation, la transparence et la comptabilité gagnera vraiment à être approfondi à peine de nouvelles déconvenues judiciaires. Certaines sont déjà annoncées par les conclusions du rapporteur public lors de l'audience du Tribunal Administratif de hier (29 mai 2012): deux annulations des tableaux des effectifs votés en 2010 sont attendues.
Quoiqu'il en soit, ne craignez-rien braves gens (braves cochons de payants) la majorité persiste et adopte les yeux fermés.
Le rapport malgré ses inexactitudes est approuvé d'avance par 23 voix (voix muettes) avec quelques contre, quelques abstentions, quelques absents.
De négligences du commandant en erreurs des galériens, le bateau coule mais rassurez-vous braves gens: l'ordre monocratique règne (encore un temps) à Saint-Cyprien.

pour feuilleter cliquezsur