C'est Saint-Just qui a proclamé : "pas de liberté pour les ennemis de la liberté". Il y a plus de deux siècles, quand la Révolution voulait imposer la liberté et la démocratie à ses adversaires, y compris par la terreur. Il a mal fini. De cet avocat rigoureux et vertueux, surnommé "l'archange de la Révolution" (puis de "la Terreur"), notre Zen-Just d'ici et d'aujourd'hui n'est qu'une piètre contrefaçon réactionnaire lorsqu'inversant le slogan il menace: pas de démocratie pour les adeptes de la démocratie. Il l'a dit, et répété, en séance publique du Conseil municipal le 7 octobre 2011. Vous trouverez sa déclaration sur la vidéo de XAV (merci à lui):
Analysons les propos:
- il n'y aura pas de démocratie avant 2014. M. Del Poso, maire, s'arroge le droit de suspendre la démocratie dans sa commune jusqu'à la fin du mandat légal. Il usurpe un pouvoir d'exception (non écrit) lui permettant de mettre en veilleuse les règles de l'institution afin de gérer en paix jusqu'à la fin. Il revendique en quelque sorte une légitimité personnelle à décider souverainement que les circonstances l'autorisent à déroger au droit commun. Prétention gaullienne (ouille!), ce serait la transposition locale - pour le Saint-Cyprien de Del Poso de 2011 à 2014 - de l'article 16 de la Constitution sur les pouvoirs exceptionnels du Président de la République. Rappelons cet article 16 : Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacées d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances ". Le fonctionnement régulier du conseil municipal serait interrompu par les comportements de l'opposition, le maire le met hors d'état de nuire.
- les motifs justifiant cet abus de pouvoir sont cocasses émanant d'un avocat. Il dit au Conseil et il répète à FR 3 : l'opposition ne cessant de judiciariser les affaires de la commune, le débat est impossible avec elle ! Sauf que le même, pour éluder précisément tout débat, n'a cessé depuis des mois de rétorquer à ceux qui voulaient débattre normalement du fond des choses: "faites donc des recours" (les citations enregistrées sont multiples). Refusant la parole et les informations, ne répondant jamais aux questions, il a "sereinement" dévoyé le débat en renvoyant lui-même les débatteurs vers les tribunaux. Donc les débatteurs bâillonnés ont fait des recours pour faire annuler des décisions illégales puis ont déposé des plaintes pour dénoncer des comportements délictueux. Ils ont judiciarisé parce que le maire a entravé le débat démocratique qui aurait pu empêcher les fautes et parce que la justice restait le seul moyen de les sanctionner. Et, contrevérité flagrante, il ose soutenir l'inverse et parler de calomnie!
Ce maire est un menteur, un manipulateur de l'opinion, un dangereux contrefacteur de la démocratie: nous reviendrons sur toutes les énormités qu'il a lâchées sur le plateau de FR 3. Le plus grave ce n'est pas que cette autocratie s'exerce contre l'opposition (cela est relativement mineur), le plus grave c'est qu'elle s'exerce au détriment de la ville.
Car pour nous la démocratie n'est pas un ring où l'on se bat pour être (ou paraître) le meilleur ou le plus fort; ce n'est pas un processus de compétition où l'on cherche à se placer et à se qualifier pour faire carrière. La démocratie, revenons aux sources, c'est le gouvernement du peuple par le peuple. Ce qui implique deux composantes essentielles : 1°/ la désignation des élus par le peuple 2°/ la gestion dans l'intérêt du peuple, le bien public, l'intérêt général. L'idéal est bien sûr la conjonction de ces deux éléments : des élus choisis au suffrage universel et qui oeuvrent au bien public. Le débat avec l'opposition n'est que le moyen de veiller à ce que le bien public soit correctement et efficacement géré. Ce qui signifie pour nous que l'important n'est pas de savoir qui fait quoi, ce n'est pas de se substituer au maire en place, ce n'est pas de lui imposer une autre politique. L'important est de savoir si ce qu'il fait est correct, utile pour la commune, de savoir quelle est la politique municipale et de savoir si elle satisfait ou non à l'intérêt public.
Autrement dit, si le maire avait une politique claire et saine, si le maire et les autres oeuvraient dans l'intérêt général avec compétence, probité, transparence et efficacité nous supporterions son autocratie méprisante. A quoi bon débattre en effet sur les méthodes si les résultats et les modalités étaient bons? Un despotisme éclairé vaut mieux qu'une démocratie bafouée.
Mais nous n'avons ici qu'une démocratie bafouée et un despotisme sans vertu ni efficacité. De quoi nous inciter à proclamer à notre tour et inviter tous les démocrates de Saint-Cyprien à dire de toutes les façons:
"pas d'autocratie pour les ennemis de la démocratie" et
"pas de complaisance publique pour les malfaisants du pouvoir".

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