Les “ Editions du cherche midi et demi ” (aujourd’hui disparues) ont publié naguère une bande dessinée des regrettés Pie et Puce sur l’évolution des sociétés humaines. Sous le titre “ de la peau de bête à la politique ” cet ouvrage un tantinet parodique (mais introuvable) schématisait l’histoire de la civilisation en trois grandes périodes : le Paléolithique, le Néolithique et le Politique. Le paléolithique étant l’âge de la pierre ancienne où dans sa lutte primaire pour la vie notre ancêtre vêtu de peaux de bête s’armait de galets à bords plus ou moins tranchants, dits choppers ou coups de poing ; le néolithique, ou de la nouvelle pierre, étant celui de la hache polie ; le passage de la pierre polie à la politique marque selon Pie et Puce la phase finale de l’évolution millénaire qui substitue à l’homo erectus en peaux de bête et coups de poing l’homo politicus en cravate et maroquin.
A lire et entendre nos contemporains locaux on a le sentiment que le lieu-dit Saint-Cyprien a instauré une grave phase de régression que Pie et Puce auraient sans doute baptisé “ le peau-lithique ” tant ce terme retrouve dans le vocabulaire indigène une vitalité guerrière digne de nos aïeuls de Tautavel. Non seulement le “ combat ” et la “ guerre ” sont déclarés publiquement par le chef sorti des urnes et de garde à vue devant ses troupes et les gazettes mobilisées ; non seulement la “ haine ” des “ terroristes ” chasseurs de virgules mal placées est proclamée à tous propos pour nourrir la combativité des troupes qui doutent et pour ressouder la solidarité qui explose ; on restaure le mythe de la “ peau ”, trophée et oripeau.
Le chasseur de virgules mal placées - auquel du reste par association d’idées incongrues on n’hésite pas à accoler un surnom “ nauséabond ” (cf. article du 6 avril) – devient pour les besoins de la cause un chasseur de peaux. Le chef sorti de garde à vue l’a dit et même répété au micro de France bleu Roussillon
(le 6 avril) :
“ M. Jouandet veut ma peau ”.
Il a soutenu que je lui ai déclaré il y a plusieurs mois que je voulais “ absolument sa peau ”.
Et le matraquage odieux fait école puisque, reprenant la hache si peu polie, une adjointe au maire (non ce n’est pas la 1ère) promet qu’en retour le maire et les siens lui “ feront la peau ”, à lui et ses amis trop pugnaces, merci Madame !
A croire que ces hystériques de la peau-lithique sont eux aussi des partisans de la solution finale comme le furent les comparses du sinistre Philippe Henriot, lequel, à la différence de son émule catalan, avait au moins le courage de sa voix et de son identité.
signé : jean JOUANDET
(1) Joseph Goebbels fut ministre de la propagande du Reich, il était aussi gauleiter de la ville de Berlin ce qui prouve que les deux fonctions se complètent et se confondent. Philippe Henriot qui sous Vichy déversait sur les ondes de Radio-Paris sa propagande quotidienne pro-collaborationniste, contre les juifs et les résistants, fut surnommé le Goebbels français.

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